PoèmeD’unJour:9.10.19.

Les pas raisonnants, je cherche du regard le 23. Je frappe, ouvre la porte, une dame sur son fauteuil, cheveux gris. Je me suis trompé de chambre, elle me sourit. « Jérémie ? » « Non excusez-moi je me suis trompé de chambre » « Venez je ne vous vois pas très bien ». J’avance dans la chambre de cette inconnue. Je fais le tour de celle-ci. Quelques cadres, des photos en noir et blanc et une en couleur. Je m’approche d’une d’elle. La prends en main. La regarde de plus près. « C’est vous ? » « Oui et là c’est Germain, mon mari. » «Vous étiez une très belle femme, euh pardon vous êtes une très belle femme. » « Ne dîtes pas des bêtises, je ne ressemble à plus rien ! Un légume en robe de chambre. » « Mais non vous êtes charmante, vous me rappelez ma mamie, je viens la voir justement. » « Elle s’appelle comment votre mamie, mon garçon ? » « Mme.. euh Félicienne » « Ah oui ma voisine, elle est rigolote, on s’est connu à un bal y a plus de soixante ans vous vous rendez compte, que le monde est petit ! C’était bien les bals. On y allait en vélo, il y avait tout le village, tout le monde, tout le monde était joyeux. Et puis y avait Germain. Qu’il était beau ! On s’est embrassé un 14 juillet au moment du feux d’artifices. C’était magique. On ne s’est plus quitté depuis ce jour-là jusqu’à ce qu’il décède. Ah le pauvre, qu'il a tant souffert. Je pensais toujours que je partirai la première, mais non que voulez-vous, ainsi va la vie. C’était le bon temps... » « Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, la prochaine fois que je viens la voir, je passe vous dire bonjour et vous me raconterez un peu plus de votre histoire. J’ai envie d’en connaître plus sur vous et de ce temps que je n’ai pas connu. Merci... Comment vous appelez-vous ? » « Jeanne, mais merci à vous jeune homme d’avoir pris le temps de m’écouter. Vous savez, je ne vois pas grand monde. Pour ne pas dire personne. Je serai ravie de vous raconter mon  histoire qui n'a rien d'extraordinaire. Votre mamie a de la chance de vous avoir, vous êtes un sacré jeune homme ! « A plus tard Jeanne, au faite je m'appelle Léo » Elle sourit tout le reste de la journée, la tête perdue dans ses souvenirs de bals, de Germain...


Par Pierre Blanchard



4 commentaires

  1. J’aime beaucoup ton texte, ton poème, la lecture est plaisante, c’est tout le problème des personnes âgées en EHPAD qui n’ont plus de famille ou alors elles habitent trop loin. J’ai beaucoup aimé le dialogue bienveillant qui c’est instauré entre la mamie « Jeanne » et « Léo » le jeune homme qui c’est trompé de chambre mais qui a apporté un moment de bonheur ont remontant les souvenirs de Jeanne. Bonne soirée Pierre 😉👍🏻

    Aimé par 1 personne

    • J’ai toujours peur d’être lourd avec des longs textes. Je suis content que tu l’ait apprécié. Une personne âgée a été jeune, a vécu, a rêvé. On ne voit jamais les vieux comme des jeunes. J’ai voulu redonner de la jeunesse à la vieillesse.
      Merci beaucoup de ton commentaire, ça me pousse à en écrire d’autres.
      Bonne soirée

      Aimé par 1 personne

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