PoèmeD’unJour:13.10.19.

Le peignoir tombe.
Une masse blanche à terre.
Je ne peux plus reculer.
Ils me regardent,
crayons,
mines,
stylos,
pinceaux
à la main.
Je m’installe,
recherche une position
agréable,
que je dois tenir
une heure,
une heure et demie.
Je choisis d’être en tailleur.
Je regrette vite.
Ils ont commencé.
Les traits de structures,
d’anatomie,
les proportions du corps, 
mes seins
obusiers,
des coups vifs,
mes rondeurs,
des coups de gomme,
mes vergetures,
un autre crayon plus fin,
mon sexe poilu.
Je rougis
terriblement.
Quelle idée de m’être mise en tailleur,
les cuisses grandes ouvertes,
ma vulve visible de tous.
Pour qui vont-ils me prendre ?
Ils ont l'air si concentrés,
si appliqués sur leur papier.
De temps en temps, je capte un de leurs coups d’œil fugace,
puis ils retournent ajuster la partie travaillée.   
Oh j’ai si peur de leur production, du résultat final. 
Mais pourquoi est-que j’ai accepté ce défi à la con ?
J’aurais pu dire «non merci».
Mais voilà je ne sais pas dire non. 
En même temps y en a pas grand monde qui le ferait.
J'ai tenu parole. Je suis nue devant des inconnus !
Et ça, ça claque ! 
(Elle sourit pour la première fois)


Par Pierre Blanchard

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